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Algérie-Nigeria: La diplomatie des gazoducs

La brouille s’installe comme attendue avec le voisin marocain suivie de la décision d’Alger de renoncer au gazoduc passant par le territoire chérifien afin de privilégier Medgaz. Celui-ci relie Beni Saf à Almeria et est actuellement sujet aux projets d’extension. Les relations tendues provoquent des réactions en chaîne depuis Alger qui ferma son espace aérien, coupa une route passant par la wilaya de Béchar et expulsa des Marocains du territoire national en moins de 48 heures.

Il semble que la crise maghrébine aille crescendo, tout comme les cours du gaz et du pétrole au plus haut depuis deux années à la grande satisfaction d’Alger. Alger, qui d’après des sources à Lagos, confirme le début des travaux d’un nouveau gazoduc transsaharien longeant la fameuse route du même nom pour alimenter le marché européen et développer les régions du sud.

D’autres mesures de rétorsion contre le royaume du Maroc sont attendues dans les jours à venir, nous confirme-t-on de source officielle. Une possible rupture de fourniture d’électricité de la part de l’Algérie, l’instauration de visa pour les ressortissants marocains ainsi que diverses autres mesures punitives contre le makhzen dont les échanges vifs à l’assemblée de l’ONU avec l’Algérie ne cessent de faire couler de l’encre.

Dernièrement à New York, le Maroc ne considérait plus le Sahara comme un territoire occupé et œuvrait dans ses discours dans le déni total concernant la cause Sahraouie. La communauté internationale ; à entendre le ministre Bourita, se demandait avec perplexité si les résolutions onusiennes depuis des décennies et les soldats de maintien de la paix présents dans la région auraient même jamais existé…

Il faut lire là une volonté naïve de balayer sous le tapis le problème Sahraoui et lui donner le moins de sonorité possible pour continuer à coloniser les terres petit à petit et créer l’annexion de facto suivant les leçons de l’entité sioniste avec laquelle le royaume semble être cul et chemise … Pour l’instant. 

Toutefois, à travers la voix du chevronné Ramtane Lamara, Alger a tenu à préciser que cette posture expansionniste du Royaume n’était favorable à la paix et la stabilité de la région.

Entre temps, Alger semble plus déterminé que jamais à vendre son gaz à ses clients européens. Vu les cours de celui-ci et du déclin des réserves en devises du pays, l’occasion n’est pas à manquer. Pour la première fois en 20 ans pas moins de 5 milliards d’exportations hors hydrocarbures sont attendues à la fin de cette année. Ces chiffres ont mis du baume au cœur des Algériens qui avait perdu tout espoir de créer une économie hors de celle de la rente des hydrocarbures. Un climat d’Algérie nouvelle souffle sur Alger et comme disait Obama, il semble que tout le monde y soit dans un mental de “Yes We Can” à entendre le discours combatif de Tebboune durant le dernier conclave des Walis.

Sans le gazoduc passant par le territoire marocain, l’Algérie compte deux gazoducs au total en plus des terminaux d’exportation de gaz liquéfie d’Arzew et de Skikda. Si le projet Nigeria Algérie se concrétise rapidement l’Afrique sera une concurrence sérieuse pour les fournisseurs de Russie et Scandinavie. Mais d’après Moscou : il y assez à faire pour les deux parties.

Les années à venir sont cruciales pour rectifier le cours de l’économie algérienne et ajouter de nouvelles sources de production de richesses pour le pays. La transsaharienne, le gazoduc avec Nigeria, les fermes solaires avec le partenaire allemand et la libéralisation progressive de l’économie suffiront-ils pour assurer le développement tant attendu ? 

Mounir M.

Journaliste @ Aldjazair.org

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