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Fethi Nourine honore la cause palestinienne en rejetant le sportwashing

Le judoka algérien Fethi Nourine s’est retiré des Jeux Olympiques de cette année plutôt que d’entrer dans l’arène avec un athlète israélien. Sa décision a fait la une des journaux pendant les matchs. Maintenant, il est de retour dans l’actualité suite à la décision de la Fédération internationale de judo (IJF) de lui interdire, ainsi qu’à son entraîneur, de participer à toute activité ou compétition organisée par l’organisme pendant dix ans. Le Comité international olympique a déclaré que la décision de Nourine était une “violation des règlements de la Charte olympique”.

“C’est une punition sévère mais elle était attendue et cela prouve qu’ils soutiennent le terrorisme sioniste contre notre peuple à Gaza”, m’a dit Nourine. « Ils sont complices des crimes de l’occupation. Je n’ai commis aucune violation ; mon retrait était simplement un acte de solidarité avec les Palestiniens.

Après Ben & Jerry qui se retire des territoires occupés et le BDS qui fait rage, voici encore un autre message fort envoyé au monde pour dénoncer l’occupation violente et criminelle de l’état sioniste et sa participation en tant que nation aux jeux Olympiques qu’il tente de “normaliser” par sa participation à ces événements.

L’interdiction l’attriste, mais il sait qu’il y a plus qu’un peu d’hypocrisie dans la décision des autorités sportives. Israël est autorisé à participer à des compétitions sportives internationales comme s’il s’agissait d’un pays normal, malgré le fait qu’il traite les lois et conventions internationales avec mépris. Même les citoyens palestiniens d’Israël sont confrontés au racisme et à la discrimination institutionnalisés. Cela ne signifie apparemment rien pour le Comité international olympique.

“Leur décision a une dimension plus politique que sportive, et pourtant ils m’ont dit de ne pas mélanger politique et sport”, a souligné Nourine. Il pense que la FIJ lui a accordé une suspension aussi longue afin de dissuader et d’intimider d’autres athlètes qui pourraient envisager de tels boycotts. “Néanmoins, de tels retraits ont embarrassé l’entité sioniste devant le monde.”

Nourine a fait vibrer les réseaux sociaux lorsqu’il a décidé de ne pas affronter le judoka soudanais Mohamed Abdalrasool au premier tour, sachant que s’il gagnait, il devrait affronter l’Israélien Tohar Butbul. S’il a des regrets ?

“Aucun. Au contraire, je suis fier de ma décision. Je ne jouerais pas avec un pays occupant qui terrorise et tue des enfants palestiniens.” La cause palestinienne, a-t-il insisté, est plus importante que le sport. C’était une décision irréversible.

C’est un fait que les peuples libres du monde entier saisissent chaque occasion d’exprimer leur solidarité avec la Palestine. Nourine a découvert que son retrait olympique envoyait un puissant message de solidarité avec les Palestiniens, rappelant au monde que le fait d’avoir des athlètes à Tokyo ou dans tout autre site international majeur ne fait pas de l’État d’apartheid une colombe de la paix. “Je voulais parler pour les innocents et les faibles de Palestine. J’ai sacrifié mon avenir pour faire revivre la cause palestinienne. C’était un honneur pour moi de pouvoir le faire.”

Fethi Nourine est né à Oran, en Algérie, en 1991. Il a grandi dans une famille simple et conservatrice et pratique le judo depuis l’âge de sept ans. Son premier concours national a eu lieu en 2007, qu’il a remporté ; il a été sacré champion d’Algérie. Depuis, il a remporté de nombreux tournois et titres internationaux, dont trois fois champion d’Afrique et champion de Méditerranée. Il a été blessé en 2015, mais il est revenu en force pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020 retardés, organisés cette année en raison de la pandémie. Aujourd’hui âgée de 30 ans, Nourine a une histoire avec des rivaux israéliens. En 2019, il a refusé de se mesurer à un athlète israélien aux Championnats du monde de judo, également organisés au Japon.

Il a raison de dire que de tels retraits embarrassent l’entité sioniste. Le journal hébreu Yedioth Ahronoth a déclaré : « Les Arabes se moquent de nous en se retirant devant nos joueurs. Il y a toutes sortes d’accords de paix… mais sur le terrain les athlètes arabes prouvent qu’Israël n’existe pas à leurs yeux.

Alors que d’autres athlètes ont trouvé des excuses pour se retirer plutôt que d’affronter les Israéliens, Nourine a été ouvert sur sa raison. “Je ne veux pas me salir les mains.”

Si la pression sioniste est à l’origine de l’interdiction imposée par l’IJF à Fethi Nourine, alors cela confirme que l’oppression israélienne s’étend au-delà de l’arène palestinienne. De plus, le refus des athlètes arabes d’affronter les Israéliens expose la faillite des accords de normalisation signés par certains de leurs gouvernements avec l’Etat d’apartheid. De tels régimes doivent s’habituer au fait que la Palestine sera toujours la boussole morale du monde arabe, et les « Accords d’Abraham » n’ont aucun poids là où cela compte vraiment, parmi les gens ordinaires.

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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Khaled
Khaled
2 mois il y a

Fier de notre sportif oranais.

Samia Charfaoui.
Samia Charfaoui.
2 mois il y a

Bravooooo, quel courage d’affronter cette sanction HORS NORME … L’historie vous honorera… Laissons les medailles aux cultures de la jouissance et du succès et cultivons notre valeur de l’honneur.

L’Ouest algérien peut être fier de son héros.

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