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Israël dénonce l’intervention russe en Ukraine, Poutine lui rappelle son occupation illégale du Golan 

Le journal israélien Haaretz a indiqué, jeudi, que la Russie avait annoncé qu’elle ne reconnaissait pas l’occupation israélienne du plateau du Golan syrien, peu après la publication d’un communiqué de Tel-Aviv, soutenant l’intégrité territoriale et la souveraineté de Ukraine.

Le journal israélien a souligné que l’affaire avait été perçue comme un “message de protestation”, envoyé par Moscou à Tel-Aviv.

Haaretz a rapporté que lors d’un briefing mensuel sur le conflit israélo-palestinien au Conseil de sécurité de l’ONU, tenu mercredi, le numéro deux de la représentation russe auprès des Nations Unies, Dmitry Polyansky, avait attaqué Israël et affirmé la position de la Russie relative à la non-reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan – qui appartient à la Syrie.

“Nous sommes préoccupés par les projets annoncés par Tel-Aviv d’étendre les plans de colonisation sur les hauteurs du Golan occupé, qui s’opposent directement aux dispositions de la Convention de Genève de 1949”, a déclaré Polyansky, quelques heures avant que la Russie ne lance son intervention militaire contre l’Ukraine.

Mercredi après-midi, le ministère israélien des Affaires étrangères avait publié son premier communiqué soutenant l’Ukraine, depuis le début du conflit, sans faire référence à la Russie.

“Israël partage l’inquiétude de la Communauté internationale concernant les mesures prises dans l’est de l’Ukraine et la dangereuse escalade de la situation”, indique le communiqué.

“Israël soutient l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine”, d’après la même source.

Jeudi, Israël a condamné l’intervention militaire russe en Ukraine et l’a qualifiée de violation grave de l’ordre international, selon une série de tweets publiée par le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid.

Lapid a fait savoir que l’attaque russe contre l’Ukraine était une grave violation de l’ordre international, qu’Israël condamnait l’attaque et qu’il était prêt à fournir une aide humanitaire aux citoyens ukrainiens.

Jeudi à l’aube, le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé le lancement d’une opération militaire dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, suivie de réactions de colère dans divers pays du monde et de nombreux appels à des sanctions plus sévères contre Moscou.

– La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie

Suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine en 2014, le Chef de l’État, Viktor Ianoukovitch, a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental.

La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.

Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée, suite à la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.

La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou, un accord de cessez-le-feu, connu sous le nom de “Accords de Minsk”, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.

Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.

Moscou, qui n’a cessé de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes utilisés par Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant, par la même, l’armée ukrainienne à déposer les armes.

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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