France

La fonction présidentielle nuit au modèle républicain français

Insuffisamment considérée comme une solution aux problèmes de gouvernance de sa république, la suppression de la fonction présidentielle demeure pourtant une solution viable dans une société de plus en plus polarisée. Hormis des coûts de fonctionnement élevés et une gestion régalienne du pays, la France n’a rien à gagner avec un président omniprésent campé dans son palais de l’Élysée soufflant le chaud et le froid sur les dossiers. Mettre fin au cliché du couple présidentiel VRP en déplacement largement arrosé au frais du peuple en compagnie d’une première dame sponsorisée par Louis-Vuitton s’impose.

La fonction présidentielle, absente chez ses voisins allemands ou anglais, a démontré sans l’ombre d’un doute une performance étatique et économique de loin meilleure. Malgré la rupture sanglante avec la royauté il a plus de deux siècles le pays semble comme perpétuer un modèle de démocratie intermédiaire souffrant d’une certaine forme de suzeraineté dans ses arcanes. Tel un roi, le président divise pour mieux régner au gré des mandats ramenés sagement à 5 ans il y a quelques années.

Loin du labeur des conseils de ministres, il observe, espionne et complote même. Le quinquennat qui vint remplacer le septennat avait déjà sonné le glas de la 5e république féodale. Les Français y gagneraient en coût, compétitivité et agilité d’un changement de système avec à sa tête un Premier ministre dans l’arène de l’assemblée pour y défendre leurs intérêts.

Les dernières sorties de Macron illustrent parfaitement ce sujet, outre-passant les règles les plus élémentaires de la diplomatie pour s’aliéner en moins d’un mois pas moins de 6 pays (Australie, USA, Mali, Turquie, Algérie… ) à des fins purement électoralistes puisque nul part l’intérêt des Français n’était pris en compte. Avec, on le notera, des pays dont les présidents n’ont nul besoin de s’immiscer dans les affaires internes d’une autre nation pour espérer se faire réélire contre un Zemmour. Tout laisse penser que le problème est sur un plan purement français.

Changer pour survivre

La république 2.0 est elle préférable pour survivre au sein d’une Europe si fragile et un monde changeant de propriétaire ? Une chose est sûre, le déclin du pays doit beaucoup à cette forme de gouvernance coûteuse et obsolète reposant sur le personnel plus que sur le professionnel. C’est un nouveau style qu’il faut réinventer. La France a manifestement raté son entrée dans le 21e siècle passant des lumières aux abysses. 

Humiliée par le camp anglophone, épinglant la France comme nation non-fiable militairement et la reléguant au statut d’allié de seconde classe le mois dernier. Elle demeure, incapable de soigner sa relation avec l’Afrique que le monde entier regarde de nos jours pourtant, elle est même mise en échec dans sa propre zone d’influence. Bien plus que sa puissance militaire ou économique, les obstacles sont ses valeurs passéistes et son leadership. 

Une France pessimiste, nostalgique, colérique et mal à l’aise dans son histoire proche peu reluisante (Vichy-Algérie) que les Anglo-Saxons ont su eux exploiter positivement à coup d’excuses officielles, de dédommagements et de profils bas. Une France endettée, qui consomme plus qu’elle n’exporte. Une France trop atlantiste du goût de Chirac qui tenait fièrement tête et à raison aux Américains pour ne pas être happé dans une guerre injustifiée. Une France boycottée suite à ses abus constants sur ses minorités et ses atteintes répétées à la religion de milliards de croyants au nom d’une liberté d’expression sélective qui laissa perplexe plus d’un allié.

Ne nous leurrons pas, Paris devine qu’une simple correction de son attitude dans le monde ne suffira pas à remplacer la compétitivité des Chinois et le leadership US. Paris semble résignée à jouer les caniches de l’oncle Sam, prise au piège des alliances. Trop d’atlantisme a tué l’atlantisme durant ces dernières décennies. La nation française aurait pu jouer le rôle honorable qui lui revient de fusible entre l’Est et l’Ouest tout en y tirant de grands profits.

De toute évidence, l’hexagone devra revoir sa copie ou le monde y veillera.

Mounir M.

Journaliste @ Aldjazair.org

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Naima Sali
Naima Sali
2 mois il y a

En tant que democrate algerienne , la France de 2021 c’est pas du tout la France dont on a besoin comme partenaire, d’autant plus qu’elle denonce que quand ca l’arrange mais profite enormement de la corruption dans notre pays. Dommage que la France des lumieres se soit eteinte.

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