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La mosquée de Ketchaoua et le massacre colonial de ses 4000 fidèles

( Image ci-dessus de la mosquée Ketchaoua restaurée par les Turques en 2020)

Abdelmadjid Tebboune a dressé un bilan officiel du massacre par la France de près de 4 000 fidèles durant la période coloniale 1830-1962 lors d’un sit in à l’intérieur de la mosquée ottomane Ketchaoua pour éviter qu’elle ne soit convertie en église.

” La France nous a colonisés pendant 132 ans durant lesquels il y a eu des crimes hideux qui ne peuvent être effacés par un mot doux ” déclarait le président algérien.

Ce qui en fait un sujet particulièrement sensible, c’est que les faits de crimes contre l’humanité ne remontent pas à l’an 500 avant Jésus-Christ. la France a continué ces massacres pendant même l’intervention du soit disant “monde libre” pour la libérer du non moins diabolique nazisme. Donc, la mémoire est encore fraîche et non moins indigne.

Aussi fraîche que le drame de la Shoah, quand la France de Vichy avait collaboré à l’extermination des Juifs. Curieusement, pour ces événements tragiques, la repentance et l’autoflagellation n’ont cessé de hanter la mémoire nationale. Jusqu’à occuper une place disproportionnée dans les manuels scolaires français. 

Mais le pire des crimes fut commis contre l’histoire elle-même, celui de hiérarchiser la détresse de l’humanité, tel un vulgaire article du code de l’indigénat hérité de l’époque coloniale de la veille. Et, de ce fait ignorant, avec mépris et tant d’années les souffrances des peuples africains et blessant la mémoire de millions d’hommes, de femmes et d’enfants innocents pour l’exploitation de leurs biens en terre algérienne.

Dans une interview télévisée, Tebboune a déclaré que des familles et des tribus ont été totalement effacées. À Ketchaoua, ont ete tué 4 000 fidèles qui ont été martyrisés après avoir été encerclés par les canons et exterminés.

Khair al-Din Barbarossa était le souverain ottoman de l’Algérie à cette époque. Il a construit la mosquée Ketchaoua en 1520 près de la Casbah, à Alger. Selon les documents historiques algériens, le duc de Rovigo était le souverain français de l’Algérie à cette époque. Il prend d’assaut la mosquée pour en faire une église à la fin de 1832.

La mosquée sous le nom de cathédrale Saint-Philippe pendant l’occupation française

Après la protestation des habitants de la ville qui avaient campé dans la mosquée, il a détruit la mosquée et massacré les initiés. Il a également brûlé des copies du Coran, le livre sacré musulman.

La mosquée Ketchaoua, symbole de l’indépendance algérienne sur la côte méditerranéenne, a été à l’origine utilisée comme base militaire pendant l’occupation française, puis comme résidence des archevêques.

La mosquée a été démolie en 1844. Une grande église a été construite. Elle est restée une cathédrale jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962.

En raison du tremblement de terre de 2003 qui a frappé le pays, la mosquée a été forcée de fermer en 2008.

Après sa restauration par l’Agence turque de coopération et de coordination (TIKA), la mosquée a été rouverte en avril 2018. Elle a été restaurée conformément aux plans architecturaux ottomans étudiés par des historiens et d’autres chercheurs de Turquie et d’Algérie.

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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Marie J
Marie J
1 mois il y a

La France a entraine l’Afrique dans des atrocites sans nom pendant des siecles et elle voudrait se reveiller toute fraiche et propre sur elle, quelle detresse dans sa conscience !

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