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L’Algérie dit tout haut ce que la rue arabo-musulmane pense tout bas

Le cadeau empoisonné de Trump

Tout le pays s’accorde à dire que si sa politique intérieure était aussi équitable et humaniste que la politique étrangère, alors l’Algérie serait un eldorado. En terre de Moudjahid, les lignes rouges en politique étrangère sont prononcées et invariables.

Chère à sa doctrine anti-colonialiste et à sa position pro-palestinienne dans un monde arabo-musulman en phase de “normalisation” hâtive, la nation algérienne est guettée de prêt par ses détracteurs. Tel que le moindre accroc, enchaîne une surréaction médiatique le plus souvent peu discrète. La plupart du temps, orchestrée depuis Rabat et Tel Aviv.

Le régime marocain a été comme galvanisé par la décision unilatérale de Trump sur la Sahara Occidental prise en dernière minute d’un mandat quasi destitutif. Pourtant, avec aucune valeur à l’onu et avec la conséquence de diviser les Européens un peu plus en Afrique, la monarchie absolue marocaine parvient tout de même à s’accrocher rudement avec son voisin espagnol dans un premier temps. Puis avec l’Allemagne de Merkel sur le même sujet et de manière plus retenue avec l’allié français sur fond d’espionnage mis en place depuis Tel Aviv.

Pour culminer vers un tir coupé algérien de rappel d’ambassadeur entre deux mains tendues royalement mises en scène.

Un torrent d’eau pour le moulin algérien en perspective

Cet été fut celui d’un royaume anxieux de savoir ce qui se dit au sujet de son occupation du Sahara Occidental depuis les accords d’Abraham qui ont pris en otage la cause palestinienne.

Le Maroc, furieux de l’accueil de Brahim Ghali en Espagne ainsi que des positions européennes non-alignées sur Trump et sa prétendue marocanité du Sahara Occidental, croit se venger en égratignant le voisin de l’est avec des propos soutenant le séparatisme kabyle depuis nul part ailleurs que du conseil de sécurité de l’onu.

Voilà le tableau diplomatique de l’été 2021 d’un monarchie plus que jamais absolue et territorialement aux abois depuis des décennies. Complexée par l’occupation espagnole qui perdure sur ses propres terres (Melilla, Ceuta, Persil et par extension légitime Les Canaries). Souffrant d’une pandémie qui a ruiné son tourisme durablement et d’une dette abyssale de la taille de son PIB. Et pourtant n’a qu’une seule obsession, le Sahara Occidental dont les ressortissants et l’onu rejettent l’annexion de facto.

En guise de touche finale à ce tableau, un ministre des affaires étrangères Israélien fraîchement nommé en visite en terre marocaine et qui, se sentant comme à Tel Aviv, commet un faux pas diplomatique calculé pour critiquer vaguement le voisin de son hôte et semer des fake news sur les relations algéro-iraniennes. Deux nations qui rejettent tous liens diplomatiques avec l’entité juive en raison de son refus à se conformer au droit international (il faut tout de même noter cette aberration dans un monde “démocratiquement” correct du 21e siècle.) définissant notamment les frontières avant 1967.

Alger est une créature guerrière et aguerrie, paradoxalement calme au combat

De retour des feux de l’enfer causés par des pyromanes sur fond de réchauffement climatique qui frappe sans discrimination les régions de la Californie à la Sibérie sans répit. L’union sacrée algérienne a encore eu lieu au grand dam de “l’état juif” et de son partner in crime chérifien qui ne rêvent que de scission et y travaillent désormais ouvertement. Une théocratie exportatrice de drogue et de déstabilisation en couple avec un état en guerre perpétuelle constitutionnellement sectaire et xénophobe déguisé en état libéral pour plaire à Washington.

La fitna par proxy kabyle n’aura tout simplement pas lieu. L’Algérie reste et demeure un havre de stabilité au Maghreb grâce à la force de son peuple. Dans ce sillage, elle décide de rompre avec le voisin de l’ouest qui n’a de cesse de s’agiter mal dans ses frontières qu’il n’a su gagner au combat faisant le choix de négocier afin de sauver sa couronne. Sage fut Ramtane Lamamra pour ne pas se laisser prendre au jeu infantile et primaire d’un roi compromis qui se trouve avoir pour sujets une population importante de Berbères du Rif avec de fortes revendications… Facilement détournables.

Les menaces et attaques contre la maison Algérie ne font que renforcer un peu plus la détermination de son peuple dans ses positions en l’unifiant davantage derrière ses institutions. Un peuple algérien en quête de liberté et de justice qui s’obtiennent à petit pas au rythme des marches. Un peuple qui mérite davantage d’attention de la part de ses dirigeants qui avec la plus grande correction a su, dans la dignité, mener un Hirak sans une goutte de sang. Un peuple qui continue de laver son linge sale en famille, mais qui attend en retour et à juste titre qu’on satisfasse ses revendications pour une vie meilleure.

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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