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Sur fond de guerre mémorielle, Alger rappelle son ambassadeur à Paris

L’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud a été rappelé pour consultation, a-t-on appris samedi auprès de la Présidence de la République.

D’après les observateurs, des propos tenus par le président français sur l’Algérie, sont la raison de ce raidissement. Il semble que Jeudi 30 septembre, le président français à quelques mois des présidentielles, soit devenu un historien de la guerre d’Algérie remettant en question des faits historiques et critiquant ouvertement le système “politico-militaire” à la tête du pays qui se nourrit de la ” haine de la France”.

Il faut noter que dernièrement, tout est bon pour affaiblir Zemmour et Mélenchon. Les deux adversaires grignotent de sérieuses intentions de vote. Comme proposer, tantôt un “bouclier” contre la hausse des denrées énergétiques digne d’un programme socialiste voire communiste. Ou bien, tantôt une reconnaissance très très tardive des harkis. En toile de fond d’une réduction drastique des visas en mesure de rétorsion ciblant les pays du Maghreb.

On ratisse large en macronie et comme pour taper un grand coup, il fallait cibler l’Algérie directement. C’est chose faite puisque d’après Macron sans la France, elle (l’Algérie) n’existerait pas. Poussant le cynisme jusqu’à se poser en victime de la haine anti-française, on lui signerait presque un chèque le malhereux. L’hôte de l’Elysée semble partir en vrille se contredisant et mettant les deux pieds dans une ère de nouvelle rupture annoncée des relations avec le Maghreb et plus largement l’Afrique. Gardons en mémoire les déboires du Maroc avec l’Allemagne et l’Espagne un peu plutôt cet été et des propos du Premier ministre malien en marge de l’assemblée de l’ONU au sujet de l’abandon de la France.

En visant la Turquie et la qualifiant d’allié anti-français de l’Algérie, Macron a même tenté d’éluder 132 ans d’occupation déshumanisante et d’exploitation immonde la comparant vainement à l’occupation Turque. Un jeu d’équilibriste très risqué même pour une France en marche. Pour finir, Macron nous a donné le spectacle, somme toute répétitif, d’un chef d’état dans une fuite en avant puérile, indigne de sa fonction annonçant des conséquences diplomatiques sérieuses pour les années à venir.

Que d’atermoiements pour avouer l’évidente culpabilité des outrages à l’humanité de la France coloniale. Seul pays au monde à résister au pardon et aux excuses officielles qui sont des affaires closes depuis longtemps pour le Royaume-Uni, l’Italie, le Portugal ou L’Espagne envers leurs anciennes colonies. Même les Américains ont fait amende honorable pour leur instigation dans les ravages de l’esclavage. 

L’exception à la Française ne se veut pas seulement dans la liberté d’expression aliénée entre loi Gayssot et loi contre le séparatisme, mais elle est le reflet d’une mauvaise conscience frêle et arrogante incapable de reconnaître ses crimes les plus odieux et connus de tous.

Après l’amnésie de Chirac et de Hollande, le mépris de Sarkozy voici la schizophrénie macronienne avec un président français qui vient de se faire 45 millions d’amis issus du Hirak. Un bien maladroit accroc aux relations qui va durer à coup sûr à l’heure ou le monde regarde vers l’Afrique.

Lire le communiqué officiel

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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