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L’avenir de l’Algerie est son peuple

Après le fléau du colonialisme qui durera plus d’un siècle privant le peuple algérien de toute évolution et de ses propres ressources, ce fut la dictature qui usurpa l’état de droit promis par la révolution ensuite successivement, la mauvaise gouvernance, l’incurie et la corruption de tout bord s’installèrent pour culminer vers le terrorisme barbare issu du wahhabisme qui tenta de contrôler le monde arabo-musulman et trouva un terreau fertile dans un peuple jeune et peu mature politiquement causant une décennie noire dans le pays.

Nombreuses sont les épreuves absorbées malgré tout au fur et à mesure et qui se sont comme stratifiées dans la société algérienne en y laissant de mauvaise habitudes si difficile à purger à l’heure des nombreux procès pour corruption qui animent le quotidien du pays d’Oran à Annaba. Difficile de parvenir à une nation qui gagne et l’avenir parait flou.

À l’heure où l’on enterre Bouteflika sobrement et ou Tebboune nous promet une Algérie nouvelle, le commun des mortels est en droit de se demander quel futur pour cette terre algérienne rudement éprouvée et encore si forte. Quel futur dans ce monde en effervescence ou les guerres économiques font rage avec les uns et les autres aiguisant leur productivité.

La réponse est dans son peuple, sa diaspora, sa jeunesse, ses tribus, ses femmes et ses hommes. Une réponse ancrée profondément dans l’ADN des fiers survivants aux marasmes d’un passé si proche. Une armée solide et garante de la stabilité de plus en plus discrète politiquement attend que la mobilisation et le projet réel politique prennent le relai pour guider la nation vers le développement et l’état de droit. Le candidat qui aura compris qu’il faut miser sur cette manne humaine sera le dirigeant à élire. Investir dans la santé et dans l’éducation augmentera le potentiel des nouvelles générations en levant les entraves pour les autres.

Le modèle laïc Turque semble être un exemple honorable pour notre pays. Pour y parvenir, nous aurons besoin de conjuguer nos talents et de toutes les élites existantes. Le plus grand défi n’étant pas les ressources matérielles, mais la gestion de celles-ci conjugué à un casting rigoureux aux fonctions touchant toutes les couches de la société. Le talent, le savoir et les compétences sont désormais le butin que la société algérienne se doit de rechercher. 

Des années d’usurpation ne s’effaceront pas si vite, et les démons de notre corruption sont un obstacle redoutable. Mais, si nous pouvions dès lors poser les jalons et éviter toute complaisance avec la médiocrité dans les fonctions publiques notamment alors le pays y gagnerait et l’espoir d’une nation forte et ambitieuse renaîtra. “Les bonnes personnes aux bons postes” il n’y a pas d’autres alternatives.

Nous avons toutes les compétences dont le pays a besoin et nous nous devons de rapatrier celles-ci en cas de besoin. En offrant un climat favorable au travail d’équipe transparent et équitable, la magie opérera. Quand la France quitta l’Algérie, le taux d’analphabétisme était si haut que leurs gouvernants se riaient déjà des années qui suivirent. Mais aujourd’hui, le peuple algérien dans son ensemble est monté hunblement de quelques crans et on comprend pourquoi sa possible montée en puissance fasse si peur à certaines parties. L’Algérie de par ses positions dérangent et avec un peuple qui se renforce de surcroît, elle dérangera d’autant plus expliquant bien des attaques passées et à venir.

Nous sommes à la croisée des chemins et les paroles officielles ne sont pas un vain discours même si nous ne sommes pas naïfs et attendons encore beaucoup des dirigeants, nous nous devons de serrer les rangs. On entend beaucoup de dénigrement au cœur même du pays. Des déçus et des jeunes sans espoirs qui se méfient de leurs propres institutions et à raison tristement.

En gardant à l’esprit qu’il faille réparer la déception dans le cœur des Algériens, le peuple se doit lui aussi de réfléchir à ce qui a créé les nations fortes et stables dans le monde. Cessons de réfléchir à travers le prisme de l’idéologie occidentale qui tente d’exporter des modèles démocratiques insolubles dans nos sociétés et n’ayons pas honte des erreurs commises par nos institutions à part celles d’avoir laissé le peuple dans l’ignorance et la détresse médicales.

Car un peuple qu’on soigne et qu’on éduque ne s’exile pas inutilement dans un pays aussi riche en ressources que l’Algérie. L’avenir nous appartient dans la mesure de notre union et de notre capacité à nous mobiliser à travers un projet commun et juste.

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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