France

Le “i cant breathe” en toute impunité de Marseille

Said M’hadi un homme décrit comme affable et tranquille originaire de Bastia âgé de 37 ans habitant la ville de Marseille est mort des suites de ses blessures étouffé par pas moins de 11 agents de la régie des transports de la cité phocéenne. Said, handicapé mental de naissance, n’avait simplement pas de ticket de transport sur lui. 

Le drame s’est passé à la station Joliette le 22 septembre et aucun des 11 agents pour le moment n’a été incriminé. Ils sont même, apprenait-on mis en “congé payé” par leur employeur (la RTM) qui semblait peu inquiète de leur avenir comme si ce n’était qu’un simple incident lors d’un contrôle qui aurait mal tourné. Et pourtant il y a mort d’homme bon sang !

Quelques jours après la visite en grande pompe du président Macron et la reconnaissance des carences en terme de développement de la ville de Marseille et après des promesses généreuses d’argent, voici un drame dont la pauvre couverture médiatique et le traitement secondaire au niveau des autorités locales laisse à penser qu’il sera subrepticement balayé sous le tapis.

Les onze agents présents lors de la mort de Saîd dans le métro, n’ont pas fait l’objet d’une mise à pied ou toute autre sanction de la part de leur employeur, a appris Aldjazair.org auprès de la présidente de la RTM. Ils ont même prétendus êtres “traumatisés” poussant le cynisme à un niveau dépassant toute bienséance et qui ne peut que rajouter de l’huile sur le feu de la violence de cette ville déjà meurtrie par sa mauvaise gouvernance et ses problèmes sociaux. 

Selon ce premier communiqué du parquet, Saïd M’Hadi, décrit comme « agité, virulent et violent », aurait « tenté de se soustraire au contrôle » des agents de la RTM, qui auraient alors « amené au sol » l’homme d’1,82 m pour quelque 100 kg, afin de le maîtriser.

Appelés en renfort, les policiers ont constaté que l’homme était « inerte » alors qu’ils tentaient de le menotter, selon le parquet. Pris en charge par les pompiers, Saïd M’Hadi était décédé « malgré une longue tentative de réanimation », victime d’ « un syndrome asphyxié de mécanisme indéterminé au temps de l’autopsie ».

Comment peut-on ne pas voir à onze qu’il ne représentait aucun danger et que sa condition mentale l’exonère de toute manière de billet de transport car jouissant de la gratuité ? 

« On va leur souhaiter bonnes vacances aussi ! »

« C’est très grave, s’émeut au micro d’Aldjazair.org Khadija M’Hadi, la sœur de la victime qui a aussitôt saisi la justice. On va leur souhaiter de bonnes vacances aussi, et leur donner des mouchoirs ! C’est nous qui sommes traumatisés. Mon frère était incapable de faire du mal à une mouche et ils l’ont tué ! Il a été étranglé ! Il faut que ces agents soient mis à pied. Pourquoi ont-ils agi comme cela ? »

Le Parquet de Marseille a finalement, le lendemain dans l’après-midi, ouvert une information judiciaire pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, soit les mêmes chefs d’accusation que ceux de l’enquête annoncée par la procureure de Marseille, le 23 septembre.

Coté média, on ne s’émeut pas du drame et si le “i can’t breathe” de Georges Floyd et Eric Garner avait secoué l’Amérique, la chape de plomb raciste systémique en France n’a cure de la mort d’un homme sans histoire et souffrant d’un problème d’attardement mental faisant de lui un adulte avec un mental d’un enfant de 7 ans … si vulnérable.

Faut-il un mouvement “Arab Lives Matter” en France ?

Ce qui s’est passé à Marseille est un fait qui arrive trop souvent et qui se banalise dans l’hexagone, dont les victimes sont toutes issues des minorités et luttent ardemment pour obtenir justice. Une justice qui ne joue pas de leur côté dans un pays incapable d’assumer son multi-culturalisme avec en toile de fond un certain Zemmour ou une Mila amusant les foules autour de la table du journal de 20 h.
 
Libérer la parole islamophobe et raciste au nom de la liberté d’expression ne servira pas la France sur le long terme. Contrairement au voisin allemand, l’obsession des immigrés demeure un fonds de commerce électoral fructueux. La France peine à dépasser la race, incapable d’apaiser sa propre conscience torturant celle des autres n’offrant qu’un avenir turbulent à tous ces Français issus de l’immigration entre exclusion et stigmatisation. 

Mis à jour Mercredi 29/09/2021

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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