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Un convoi militaire français tire sur les manifestants au Niger : 2 morts et plus de 17 blessés

Selon le gouvernement nigérien, des manifestants se sont battus avec un convoi militaire français qu’ils ont arrêté alors qu’il traversait la frontière du Burkina Faso samedi, tuant deux personnes et en blessant 17 autres.

Les véhicules blindés et les camions logistiques ont traversé la frontière vendredi après avoir été bloqués pendant une semaine au Burkina Faso par des manifestations protestant contre l’échec des soldats français à empêcher les extrémistes islamistes d’intensifier leurs assauts.

La colère suscitée par la présence militaire de la France dans ses anciennes colonies s’est accrue au Niger, au Burkina Faso et dans d’autres pays du Sahel, où la France compte des centaines de soldats combattant al-Qaida et les militants de l’État islamique.

Des centaines de personnes à Kaya, au Burkina Faso, ont arrêté un convoi français sur sa route de la Côte d’Ivoire au Mali le week-end dernier. Il a été autorisé à quitter le Burkina Faso vendredi, mais d’autres manifestations ont éclaté le lendemain matin à moins de 30 kilomètres de la frontière à Tera, au Niger, où il avait passé la nuit.

Des civils blessés lors d’une précédente attaque au Niger en janvier 2021 rencontrent Alkache Alhada, ministre de l’Intérieur du Niger, dans un hôpital de Ouallam. Dans les régions frontalières instables du Niger, des hommes armés attaquent et tuent 69 personnes.

Selon Reuters, des soldats français et la police militaire nigérienne ont tiré des coups de semonce pour disperser les manifestants qui tentaient de piller et de voler des véhicules, mais le colonel Pascal Ianni n’a pas pu confirmer ou infirmer les blessures présumées.

Les manifestants, principalement de jeunes hommes, ont crié “A bas la France” alors qu’une fumée noire s’élevait d’une barricade en feu, selon une vidéo publiée par une autorité locale.

En 2013, la France est intervenue au Mali pour reprendre le désert nord aux extrémistes, avant d’envoyer des troupes à travers le Sahel. Alors que plusieurs hauts dirigeants djihadistes ont été tués, l’effusion de sang dans la région a continué de s’intensifier et de s’étendre.

Les forces militaires françaises au Sahel font face à un regain de tensions de la part des populations locales qui les accusent de mauvais bilan face à la croissance des actes de terrorisme et de divers crimes contre des civils. Les chefs d’états africains qui soutiennent Paris ne pourront pas longtemps résister à cette montée anti-française en Afrique.

Mohammed Mezouar

Éditorialiste en Chef

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